Investment Update Mai 2020

Rien n’est encore gagné

En avril, les marchés actions mondiaux ont rebondi : leur performance de plus de 10% a été remarquable ! D’ailleurs, il s’agit de la meilleure performance mensuelle que les marchés américains aient enregistrée depuis 1987. Cette prouesse peut être le fruit d‘un optimisme relatif lié à la réouverture des principales économies après des semaines de confinement. Cela étant, le nombre de variables susceptibles de jouer sur le « retour à la normale » est tellement élevé qu’il est encore trop tôt pour crier victoire.

Le mois d’avril a été le théâtre d’un véritable marasme économique. Les mesures de confinement visant à limiter la propagation de l’épidémie de Covid-19 n’ont épargné aucune économie : toutes sont frappées par ce double choc économique affectant à la fois l’offre et la demande.

Certains pays disposent déjà d’une estimation de leurs chiffres de croissance du premier trimestre. Les États-Unis, principale économie mondiale, enregistreraient une croissance négative de -4,8% en termes annualisés. De son côté, la Zone euro afficherait une croissance trimestrielle de -3,8% ; la France, l’Espagne et l’Italie se situeraient toutes autour de -5%.

Le paysage économique est plus ou moins similaire partout. Ni la consommation, ni l’investissement, ni le commerce international n’échappe au marasme. Ainsi, la demande privée, qu’elle soit issue des ménages ou des entreprises, connaît un effondrement sans précédent.

Les prévisions économiques des principales institutions supranationales indiquent toutes que la récession qui frappe le monde revêt un caractère extrêmement aigu. Pour 2020, le Fonds monétaire international (FMI) s’attend à une croissance mondiale de -3%, et la Commission européenne prévoit une croissance de -7,7% pour la zone euro. L’Organisation mondiale du commerce (OMC), de son côté, table sur un ralentissement considérable du commerce international en 2020, qui se contracterait entre 13% et 32%.

Soulignons une évidence : ces prévisions de croissance dépendent de façon cruciale de l’évolution, la durée et la profondeur de la pandémie. Si la situation sanitaire se dégrade davantage, ces prévisions seront très rapidement revues à la baisse (en raison, par exemple, d’un échec des politiques de déconfinement).

Une visibilité qui fait défaut représente sans conteste un facteur lourd pour les perspectives économiques. Les ménages font face à un risque accru de chômage (cette réalité frappe déjà les États-Unis, qui a enregistré près de 20 millions de chômeurs supplémentaires en avril), et peuvent avoir tendance à reporter leurs décisions de consommation et d’investissement. Il va sans dire que ceci aura, par ricochet, un impact sur les décisions d’investissement des entreprises.

Enfin, compte tenu de cet environnement très incertain et d’une reprise qui devrait être fébrile, nous continuons à préférer un positionnement neutre entre actions et obligations. Aussi, nous marquons notre préférence pour des secteurs défensifs tels que la Santé, les Services de communication et les Services aux collectivités.


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