Investment Update Novembre 2019

Savoir investir avec discernement

En octobre, les marchés actions ont connu une hausse légèrement supérieure à 2%, suite à une performance positive de 1,9% en septembre. Ainsi, après le pic de septembre, les marchés actions globaux ont touché de  nouveaux records historiques. Toutefois, ils restent tiraillés entre une économie mondiale qui est dans une phase de ralentissement et des banques centrales extrêmement accommodantes, leur permettant de garder le sourire.

D’un point de vue économique, force est de constater la prépondérance de la consommation des ménages qui continue de pousser la croissance, notamment grâce à un taux de chômage faible dans les pays développés.

Cette situation de forte dépendance à l’égard du consommateur constitue toutefois un élément de fébrilité pour l’économie mondiale. C’est pourquoi les derniers signes de faiblesse apparus dans les niveaux de confiance des consommateurs et le ralentissement des ventes au détail sont des indicateurs avant-coureurs que nous suivons de très près.

L’optimisme des marchés, en revanche, provient principalement de l’intervention proactive des banques centrales qui préfèrent prévenir que guérir. Globalement, elles ont entamé un cycle de baisse de taux afin de fournir à l’économie réelle davantage de facilité à se financer et promouvoir la production.

Mario Draghi, le Président sortant de la Banque centrale européenne (BCE), connu pour avoir fait « tout ce qu’il faudra » pour sauver l’euro par le passé, a une nouvelle fois mis en place une politique très ambitieuse de rachats d’actifs pour aider à financer les entreprises. Depuis le 1er novembre, Christine Lagarde prend les rênes de la BCE dans un contexte qui pose de nombreux défis.


Aux États-Unis, la Réserve fédérale (Fed) est toujours dans une dynamique de baisse de taux et semble prête à faire des concessions sur l’objectif d’inflation dans le cas où celle-ci plane un certain temps au-dessus de l’objectif de 2% par an. Voulant éviter les soubresauts de septembre sur le marché monétaire, la Fed intervient également massivement dans le but de fournir les liquidités nécessaires aux institutions financières. Nous le constatons notamment dans l’accroissement de son bilan, une première depuis la fin des politiques monétaires non conventionnelles (i.e. quantitative easing) aux États-Unis.


Nous le savons : les perspectives économiques font les frais d’un environnement politique dont la stabilité fait défaut. C’est cet état de fait déjà décrit dans nos publications passées qui affecte la confiance du producteur et du consommateur. Ce contexte nous amène par conséquent à préserver notre attitude prudente en maintenant notre sous-pondération à court terme sur les marchés actions pour profiter des baisses afin de se repositionner.


Marchés boursiers

À l’issue de la période allant du 30 septembre au 29 octobre, les performances des principaux indices mondiaux calculées en euros s’affichent dans le vert : +0,62% pour le MSCI World, indice des marchés actions internationaux, +1,45% pour le MSCI Europe, +0,30% pour le MSCI Amérique du Nord et +2,45% pour son homologue des pays émergents.

Si la croissance mondiale suscite l’inquiétude des marchés financiers, cela ne les empêche pas de rester robustes. En effet, les principaux indices s’affichent en forte augmentation depuis le début d’année (+27% pour l’Amérique du Nord et +21% pour l’Europe), et les principaux indices actions touchent des plus hauts historiques.
 

Les marchés progressent en dent de scie, au rythme des avancées du conflit commercial sino-américain.
Si l’on en croit les dernières nouvelles, une partie de l’accord pourrait être signée en novembre.

Par ailleurs, il apparaît que la situation du Royaume-Uni n’inquiète pas plus que cela les investisseurs et ce, malgré le refus des parlementaires. En effet, la date butoir du 31 octobre a été reportée une nouvelle fois, les  parlementaires britanniques refusant d’approuver le calendrier des lois entourant l’accord négocié par Boris Johnson. Finalement, les résultats du troisième trimestre ont beau être en baisse de 3,8% en moyenne par rapport à la même période en 2018, les marchés n’ont pas corrigé pour autant car la saison de publications a été moins négative qu’anticipée par les investisseurs: pour environ 80% des sociétés de l’indice phare américain (S&P 500) qui ont déjà publié, les résultats dépassent les attentes de bénéfices par action.

 

Notre vision des marchés actions reste négative. Diminuer la volatilité des portefeuilles est une priorité dans un environnement où le ralentissement économique s’insinue et de nombreux risques persistent : le Brexit et les tensions commerciales n’ont pas encore d’issue, les tensions politiques s’accentuent au Moyen-Orient et la situation financière de certains pays émergents est alarmante.  Notons que les difficultés structurelles auxquelles l’Europe fait face mettent les titres européens en mauvaise posture. Leurs homologues américains présentent l’avantage d’être orientés vers la croissance, ce qui nous fait préférer les actions américaines aux actions européennes.


En matière de recommandations sectorielles, notre allocation permet de réduire la cyclicité des portefeuilles à la portion congrue : nous favorisons les services de communications et l’immobilier et préservons notre vision négative des secteurs des matériaux, de l’énergie et des semi-conducteurs, partie la plus cyclique du secteur IT.


Marchés obligataires

Taux et obligations souveraines

Après avoir plongé à des seuils historiquement bas, les taux souverains européens ont finalement entamé leur ascendance. L’accord probable entre l’Union européenne et le Royaume-Uni et les avancées en matière de commerce international entre les deux plus grandes économies du monde n’y sont sans doute pas pour rien.

Ainsi, le rendement du Bund allemand à 10 ans est remonté à -0,35%, un niveau comparable à celui de juillet. Les pays de la périphérie ont également connu une hausse de leurs rendements respectifs, mais moins prononcée. En dépit de cela, l’inflation peine à remonter en Europe, en atteste l’inflation sous-jacente qui, depuis le lancement du programme d’achats d’actifs de 2015, est clouée à une moyenne de seulement 1%.

D’ailleurs, les attentes d’inflation restent à un niveau historiquement faible. En outre, la BCE continuera de soutenir les taux faibles par le biais de son ton accommodant, tant que l’inflation ne rejoint pas de manière durable son objectif de proche de 2%. Compte tenu des prévisions d’inflation de la BCE pour fin 2019 (et 2020), les taux ne sont pas prêts de remonter de sitôt.

 

Outre Atlantique, les taux souverains ont fortement réagi aux espoirs d’une issue imminente au conflit commercial entre la Chine et les États-Unis, tirant les rendements vers le haut. Les taux américains demeurant largement positifs, la Réserve fédérale américaine dispose encore d’une certaine marge de manœuvre pour les porter à la baisse dans une perspective de soutien à l’économie. 

 

Compte tenu de la tendance au fléchissement et du niveau historiquement bas des taux en Europe, placer son argent dans un instrument du marché monétaire en euro n’est pas une option intéressante pour les investisseurs.

 

Crédit

Sur le marché du crédit, le mois d’octobre a été porté par les deux grandes thématiques que sont le Brexit et la guerre commerciale. En Europe, les primes de risque de la dette privée n’affichent pas de direction claire depuis l’annonce de septembre sur le retour du programme de rachats d’actifs de la Banque centrale européenne (BCE). Le mois dernier, les incertitudes liées au Brexit à l’approche de sa date fatidique ont freiné la demande pour le crédit européen avant que la proposition d’un accord la stimule à nouveau. Sur le marché américain, les avancées dans les négociations avec la Chine ont rendu la dette privée plus attrayante, justifiant le resserrement des primes de risque.  

 

L’attentisme est donc le mot d’ordre sur les deux continents. À court terme tout d’abord, en raison de la saison de publication des résultats. Ensuite, du fait qu’en Europe, les investisseurs restent dans le flou quant au Brexit à nouveau reporté et à la part des rachats de la BCE qui pourrait être allouée à la dette privée. En Amérique, c’est principalement la guerre commerciale qui met les investisseurs dans l’expectative.

Dans ce contexte qui pousse à l’immobilisme, nous pensons que le crédit reste une classe d’actifs intéressante. Notamment du fait que des taux souverains très bas créent de la demande pour la dette privée. Néanmoins, nos craintes économiques nous amènent à privilégier les sociétés peu cycliques, de qualité et jouissant d’une grande liquidité.

 


Marchés des changes et matières premières

EUR/USD

La devise du vieux continent a progressé par rapport au dollar au fur et à mesure que les négociations avançaient et que les marchés financiers devaient obtenir davantage de transparence sur les conditions de sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne. Une fois l’espoir d’une sortie rapide et nette évanoui, l’euro a commencé à décliner de nouveau.

Sur le plan de la politique monétaire que pratiquent la Banque centrale européenne et la Fed, il est évident que cette dernière dispose de plus de marge de manœuvre pour diminuer les taux afin de stimuler l’économie américaine si le besoin s’en fait sentir. À l’issue de sa réunion d’octobre, la Fed a procédé à une nouvelle réduction de 25 points de base de ses taux d’intérêts directeurs. Du côté européen, nous  estimons que la BCE ne procèdera pas à davantage de mesures monétaires assouplissantes pour 2019.

 

Nous demeurons attentifs aux publications macroéconomiques qui pourraient affecter le cours de change. Par conséquent, l’euro ne devrait pas chuter en-dessous du seuil de 1,05 mais il est peu probable qu’il s’apprécie au-delà de 1,15 car le climat économique en Europe est moins favorable qu’aux États-Unis.

 

OR

Certains investisseurs plus spéculateurs ont commencé à prendre quelques bénéfices sur leurs positions, tandis que la demande sous-jacente des banques centrales et des investisseurs privés (en grande majorité chinois, russes et indiens) reste forte. De plus, novembre est la saison des mariages en Inde, ce qui pousse la demande de produits aurifères  à la hausse dans un contexte où la population célèbre la fête des lumières, le Diwali.

Les raisons structurelles pour être investi dans les métaux précieux restent d'actualité: les banques centrales diversifient leur réserves, la classe moyenne grandit dans les pays en développement, les cours des devises sont marqués par la volatilité, ce qui fait de l'or une valeur convoitée pour la stabilité de sa contrevaleur en dollars. Par ailleurs, les tensions géopolitiques (au Chili, en Iran, au Venezuela, en Argentine, à Hong Kong, au Liban et en Turquie) tendent à profiter au métal précieux en raison de son caractère de valeur refuge qui profite de la volatilité sur les marchés boursiers. Parce qu’il est convoité, sa valeur relative s’apprécie. Nous pensons que les prix de l’or peuvent se maintenir dans l'intervalle de 1500 à 1560 $ l’once avec une vision encore plus positive dans le moyen terme.


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