Investment Update Flash spécial

Garder son calme

Le mois de février a été particulièrement ardu pour les marchés actions globaux qui ont connu une correction de 8,5% sur le mois suite à l’épidémie du coronavirus, les marchés redoutant les conséquences sur les chaînes d’approvisionnement mondiales, le ralentissement des échanges internationaux et un tourisme en quarantaine. Une telle situation devrait porter un coup à la confiance des entreprises et des ménages.

L’OCDE table sur un pic de l’épidémie au premier trimestre avec un nombre de cas « modéré » en dehors de Chine, l’épicentre du virus. Ainsi, la croissance mondiale devrait chuter à 2,4% pour l’année 2020, celle de la Chine devrait baisser à 4,9%, soit 1,2 point de pourcentage de moins que l’année passée et les économies fortement interconnectées avec la Chine comme le Japon, la Corée du Sud ou encore l’Australie devraient être impactées également.

Alors que les incertitudes sont à leur apogée, les marchés attendaient une réponse rapide et la Réserve fédérale américaine (Fed) a procédé d’urgence à une baisse de taux de 50 points de base, avec pour volonté principale de restaurer la confiance à court terme, que ce soit sur les marchés ou dans l’économie réelle. Nous pensons que la réponse ne devrait pas être seulement monétaire car un soutien budgétaire aux économies est imminent.

Hong Kong a montré l’exemple en décidant de distribuer l’équivalent de 1200 euros à chaque citoyen adulte à titre exceptionnel afin de soutenir la consommation. En Europe, le gouvernement italien a également l’intention de dépenser davantage en ayant recours aux clauses du Pacte de stabilité, lui permettant de ne pas enfreindre les règles budgétaires européennes.

Sur les marchés financiers, les performances calculées en euros à l’issue du mois de février voient rouge : le MSCI World, indice des marchés actions internationaux, perd -7,54%, tandis que son homologue européen décroche de -6,21% et américain de -8,35%. Ce contexte de correction a fait basculer en territoire négatif les performances calculées en euros sur 2020.  

En réalité, les investisseurs craignent que le virus se propage de telle façon que les gouvernements soient contraints d’implémenter des mesures drastiques de quarantaine (comme l’a par exemple fait le gouvernement transalpin qui a placé en quarantaine 11 villes du Nord du pays) et les entreprises d’interrompre leurs activités (comme l’ont fait Apple et Adidas en Chine). Les premiers commentaires et résultats d’entreprises montrent que la prolifération du Coronavirus n’augure rien de bon pour les prochaines publications de résultats. Selon le brasseur AB Inbev par exemple, le covid-19 devrait pénaliser ses revenus du premier trimestre à hauteur de 285 millions de dollars. Dans le même esprit, la plateforme de réservation d’hôtels en ligne, Booking.com, s’attend, quant à elle, à une réduction des réservations de -5% à -10% pour le premier trimestre 2020.

Par le passé, les virus tels qu’EBOLA ou le SRAS ont eu un impact à court terme sur les marchés financiers sans jamais avoir un effet dévastateur de long terme sur l’économie mondiale. C’est la raison pour laquelle nous conservons notre position neutre sur les marchés actions.

Ne tirons toutefois pas de conclusions trop hâtives sur la fin du cycle économique actuel et la hausse des marchés financiers. Tout d’abord, partout dans le monde, les banques centrales continuent d’apporter leur soutien à l’économie en appliquant des politiques monétaires très accommodantes. Ensuite, la faiblesse des taux d’intérêts constitue également un élément positif pour les marchés actions. Enfin, ajoutons que par le passé, les virus tels qu’EBOLA ou le SRAS ont eu un impact à court terme sur les marchés financiers sans jamais avoir un effet dévastateur de long terme sur l’économie mondiale. C’est la raison pour laquelle nous conservons notre position neutre sur les marchés actions.

Du point de vue géographique, nous persistons dans notre légère préférence pour le marché américain par rapport au marché européen. Ce faisant, nous profitons de l’accès à des valeurs bénéficiant de croissance séculaire, lesquelles sont plus nombreuses aux États-Unis qu’en Europe. Par ailleurs, le caractère de valeur refuge du dollar américain offre une protection supplémentaire en cas de retournement des marchés financiers. Mentionnons également que la marge de manœuvre dont la Fed dispose pour stimuler l’économie et soutenir les marchés financiers est plus large que celle de la Banque centrale européenne (BCE).

Sur le plan de nos recommandations sectorielles, nous favorisons toujours les Services de Communication, l’Immobilier et la Santé. Dans l’ensemble, ces secteurs offrent des meilleurs profils de croissance, bénéficient de la baisse des taux et se traitent à des valorisations raisonnables. Aussi, ils se montrent moins sensibles que d’autres secteurs à la propagation du coronavirus.

Nous avons revu à neutre notre exposition au secteur des Services aux Collectivités en raison d’un profil de croissance bien supérieur à la moyenne (Aux États-Unis, les résultats ont progressé de 21,6% alors qu’ils étaient de seulement +0,9% pour les valeurs du S&P 500). En plus de cela, le secteur tire parti d’un profil peu risqué en raison de ses activités régulées et son exposition domestique.

Sur les marchés obligataires, les attentes d’inflation sont revues à la baisse aux États-Unis, et la Fed ne s’est pas fait attendre en surprenant les marchés avec une diminution de ses taux directeurs. Ainsi le rendement du bon du Trésor américain à 10 ans se retrouve en-dessous du seuil critique de 1,00% tandis que le Bund allemand à 10 ans se situe sous la barre des -0,60%. Avec une courbe des taux allemands complètement négative, il nous est aujourd’hui difficile de donner une recommandation à l’achat pour ces titres. Nous n’affichons pas d’inquiétude particulière à l’égard de la dette privée. Quand bien même les prévisions des entreprises les plus cycliques sont revues à la baisse, la classe d’actifs reste intéressante sur le plan du rendement, notamment depuis que les taux souverains américains sont tombés sous la barre des 1%.

Nous préservons un biais positif pour la dette émise dans le chef d’entreprises dites défensives, donc peu cycliques, qui affichent une rigueur financière observable dans la gestion de leur bilan.

Le renforcement récent de l’euro s’explique par les attentes des marchés en matière de baisses de taux de la part de la Fed. Il s’avère que la baisse d’urgence de 50 points de base à laquelle la Fed a procédé le 3 mars a validé ces attentes. Ainsi, le différentiel entre les taux américains et européens est devenu relativement plus favorable à l’euro, qui en est sorti renforcé. De plus, il est difficile d’entrevoir la possibilité de baisses de taux agressives au sein de la zone euro, contrairement à ce que la Fed est susceptible de faire aux États-Unis. Compte tenu de la volatilité, nous nous maintenons dans la fourchette annoncée lors des éditions précédentes, située entre 1,08 et 1,13.

Nous continuons à privilégier une exposition à l'évolution du prix de l'or par le biais des actions des sociétés minières, qui peuvent profiter d'un levier opérationnel conséquent. Par ailleurs, c’est exactement cette situation que leurs dernières publications de résultats décrivent : les liquidités générées s’inscrivent à la hausse et les dividendes augmentent. Qui plus est, la dette est en recul et les dépenses d’investissement semblent sous contrôle. Nous pensons que le prix de l’or devrait rester stable, au-dessus de 1600 $ l'once, avec un véritable potentiel de hausse dans les cas où les marchés boursiers évolueraient encore en zone de turbulences ou l’escalade du nombre d’infections liées au coronavirus serait foudroyante.


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