Investment Update Février 2020

Confiance et croissance s'ancrent

En janvier, les marchés actions mondiaux ont progressé timidement. Pourtant, les 20 premiers jours de l’année ont été plutôt prometteurs, la croissance s’affichant à 2,5%. En dépit de cela, les préoccupations qu’engendre la propagation du coronavirus depuis la Chine ont mis des bâtons dans les roues de cette tendance positive à la fin du mois.

L’optimisme du début de mois était consécutif à la progression spectaculaire des marchés enregistrée fin 2019. Tout a commencé avec la promesse de signature d’un accord de première phase entre les États-Unis et la Chine, laquelle s’est concrétisée le 15 janvier dernier à Washington. Puis le flou s’est dissipé sur la question du Brexit : le Royaume-Uni a bel et bien quitté l’Union européenne le 31 janvier 2020.

Les indicateurs de confiance ont généralement battu les attentes du marché, notamment dans le secteur manufacturier. En décembre, nous avons prévu une éventuelle reprise de l’activité industrielle en 2020 en cas de détente politique confirmée, ce qui commence à s’observer sur le plan des PMI (indice des directeurs d’achats), lesquels progressent graduellement.

Enfin, sur le plan de la croissance, les chiffres évoluent de façon parallèle aux attentes. Au quatrième trimestre 2019, la première estimation de croissance trimestrielle en rythme annuel aux États-Unis s’affiche à 2,1% alors que les marchés tablaient sur 2%. Ce trimestre, la consommation s’est accrue à un rythme un peu plus faible, alors que les investissements ont constitué à nouveau un frein à la croissance. Enfin, la réduction des importations a apporté une contribution positive à la croissance.

Dans la zone euro, la croissance économique reste assez stable avec une croissance annuelle de 1% au dernier trimestre.

Toutefois, certains chiffres par pays s’affichent en-deçà des attentes : en France, elle s’élève à 0,8%, alors qu’elle était attendue à 1,2%. Mais c’est surtout en Italie qu’elle a déçu : elle s’affiche à 0% au lieu de 0,3%.

Enfin, soulignons que les banques centrales continuent d’adopter une attitude très accommodante, ce qui n’est pas pour déplaire aux marchés. Afin de profiter de la détente politique, des politiques monétaires accommodantes et des surprises positives sur le plan manufacturier, nous avons à nouveau augmenté notre pondération en actions pour nous ranger à une allocation neutre.


Marchés boursiers

Après une année boursière 2019 exceptionnelle, à l’issue de laquelle les grands indices se sont affichés en hausse de plus de 20% sur la totalité des marchés (+30,99% pour l’indice MSCI World, +26,82% pour le MSCI Europe, +34,09% pour le MSCI Amérique du Nord et +20,99% pour le MSCI pays émergents), les marchés actions marquent une pause,  la propagation du coronavirus et les tensions géopolitiques au Moyen-Orient freinant leur élan.

D’ailleurs, fin janvier, les performances des grands indices boursiers calculées en euros sont tantôt dans le vert, tantôt dans le rouge : +0,63% pour l’indice des marchés actions internationaux, le MSCI World, -1,31% pour le MSCI Europe, +1,36% pour le MSCI Amérique du Nord et -3,44% pour leur homologue des marchés émergents. C’est un fait : l’économie mondiale a ralenti. Ceci n’empêche pas pour autant les investisseurs de continuer à faire preuve d’optimisme, puisqu’ils sont toujours confortés par le soutien monétaire des grandes banques centrales à travers le monde. Ces dernières semaines, le risque de propagation du coronavirus à l’échelle mondiale a ravivé les inquiétudes des investisseurs et engendré quelques séances tumultueuses.

Toutefois, la levée partielle des grandes préoccupations géopolitiques (guerre commerciale, Brexit, Iran) ainsi que des publications rassurantes ont épaulé les principales bourses mondiales, en dépit de niveaux de valorisation qui demeurent élevés.

Rassurés par des indicateurs avancés qui se sont stabilisés, nous avons continué de progressivement revoir à la hausse notre allocation actions au cours du mois et abordons le mois de février avec un positionnement neutre sur la partie actions. Avec les élections américaines en toile de fond, les tensions commerciales devraient continuer de s’apaiser, comme en témoignent la signature de l’accord de phase 1 entre la Chine et les États-Unis, ou encore l’accord auquel sont parvenus la France et les États-Unis en matière de report de la taxe GAFA et de frais de douane supplémentaires.

Du point de vue géographique, nous maintenons notre préférence pour le marché américain, qui bénéficie de taux de croissance plus élevés et d’une politique fiscale plus favorable aux entreprises. Compte tenu des niveaux de valorisation soutenus, ce positionnement nous permettra en outre de bénéficier de la qualité de valeur refuge du dollar américain en cas de retournement des marchés.

Du côté de nos recommandations sectorielles, nous renouvelons notre vision négative des secteurs des Matériaux, des Services aux Collectivités et des Semi-conducteurs, qui constituent la partie la plus cyclique du secteur IT. En revanche, nos favoris restent les secteurs des Services de Communication, l’Immobilier et la Santé.


Marchés obligataires

Taux et obligations souveraines

En janvier, la signature de l’accord commercial entre les autorités chinoises et américaines a prolongé l’aversion au risque de fin d’année, stimulant les rendements des obligations souveraines à la hausse. Néanmoins, cette hausse fut de courte durée, puisque le coronavirus a fait son apparition en Chine. En effet, les investisseurs ont préféré préserver leur capital en plaçant leurs investissements dans des valeurs refuge comme les bons du Trésor américain et allemand.

En Italie, les marchés ont salué le retour à l’optimisme politique qui a suivi la défaite de la Ligue du Nord, dirigée par Matteo Salvini, aux élections régionales. Cet événement a poussé le 10 ans italien en dessous de 1% pour la première fois depuis novembre. Par ailleurs, les emprunts publics grecs ont également bénéficié de cette détente des taux.

Dans le contexte actuel où l’évolution du coronavirus donne lieu à de nombreux questionnements, nous suggérons de ne pas négliger cette classe d’actifs dans un but de diversification et de préservation du capital. 

En ce qui concerne les placements monétaires, compte tenu de la tendance au fléchissement et du niveau historiquement bas des taux en Europe, placer son argent dans un instrument du marché monétaire en euro n’est pas une option intéressante pour les investisseurs.

Crédit

Le mois dernier, le marché du crédit a connu une performance positive grâce à des primes de risque en contraction. Lorsque nous nous projetons, nous envisageons des spreads qui devraient évoluer latéralement, à l’intérieur des jalons que posent une économie fragile et des politiques monétaires de soutien.

Depuis plusieurs mois, nous tenons le même discours. En effet, en Europe, l’environnement du marché du crédit est resté favorable aux investisseurs, grâce à la présence de la Banque centrale européenne (BCE) sur cette classe d’actifs. Selon nous, il est plus probable que la taille du bilan augmente que le cycle de baisse des taux directeurs continue. Autre point favorable pour le crédit, les rendements souverains historiquement bas induisant un appétit élevé à l’égard des actifs plus risqués. D’ailleurs, les investisseurs comme les assureurs et fonds de pension se retrouvent face à des contraintes de rendement et n’ont pratiquement pas le choix s’ils ne veulent pas augmenter la duration de leurs portefeuilles.

Toutefois, soulignons que le crédit demeure exposé au risque de contraction de l’économie. Le bilan des sociétés restant le maillon faible, une économie fébrile affecterait les revenus des sociétés et leur capacité à s’acquitter de leur dette.

Aux États-Unis, les facteurs techniques mentionnés ci-dessus soutiennent également le marché du crédit, mais dans une moindre mesure comparé à l’Europe. Cela étant, nous observons que la croissance s’est stabilisée, épaulée par une Réserve fédérale réactive. Aussi, soulevons un point crucial : les entreprises américaines sont particulièrement endettées. Dès lors, à ce stade, il est primordial, d’être sélectif en nous concentrant sur les fondamentaux des entreprises.

Concluons en rappelant que les tracas économiques et géopolitiques viennent contrebalancer la demande pérenne à l’égard du crédit. Dès lors, nous préférons rester vigilants vis-à-vis de la dette privée et sommes favorables aux sociétés non cycliques au bilan solide et éligibles au programme de rachats de la BCE, lesquelles nous permettent d’engranger du rendement par rapport aux souverains.

 


Marchés des changes et matières premières

EUR/USD

En janvier, le dollar a évolué de façon favorable face à l’euro. Dans les faits, le cours est passé de 1,12 en début de mois à 1,11 en fin de mois, ce qui a contribué à inverser la tendance qui prévalait en décembre 2019.

Cet état de fait est principalement dû  aux tensions géopolitiques du début du mois, lorsqu’a eu lieu l’échange de missiles entre l’Iran et les États-Unis, ainsi qu’à la propagation du coronavirus en Chine. En conséquence de quoi les opérateurs de marché ont probablement préféré s’exposer à la devise qu’ils considèrent comme étant la moins risquée, puisqu’elle est une valeur refuge.

Il existe également d’autres considérations plus spécifiques aux deux blocs économiques, lesquelles  aident à faire la lumière sur l’écart de performance, notamment la croissance américaine, toujours supérieure, et les taux d’intérêts qui favorisent les investissements en dollar.

En dépit de cela, la volatilité sur ce taux de change reste faible et nous maintenons notre prévision dans la fourchette 1,08-1,13.

Lorsque nous nous projetons dans un avenir proche, nous identifions certains facteurs qui pourraient nous faire changer d’avis. Parmi eux, signalons les négociations entre le Royaume-Unis et l’Union européenne, une économie chinoise affaiblie influant sur les négociations commerciales entre la Chine et les États-Unis, ainsi que la recrudescence de la volatilité sur les marchés des capitaux.

OR

En décembre, le cours de l'or a grimpé pour clôturer aux alentours de 1580 $ l’once, affichant alors une performance de presque 4%. Comme prévu, la tendance haussière s’est confirmée et le cours a atteint un nouveau pic depuis 2013. Parmi les facteurs qui ont contribué à cette bonne performance, signalons les fortes tensions entre les États-Unis et l’Iran au début du mois et, surtout, la propagation du coronavirus en Chine, qui remet en question les perspectives de croissance économique à l’échelle internationale.

Dans ce contexte, les actifs risqués ont subi une forte correction et, à l’inverse, les biens refuges, à l’image des produits obligataires et des métaux précieux, étaient extrêmement convoités. Qui plus est, l’environnement de taux bas (qui réduit le coût d’opportunité de détenir un actif qui n’offre ni coupon ni dividende) et les achats des Banques centrales viennent en soutien à l’or.

Nous continuons de privilégier une exposition à l'évolution du prix de l'or par le biais des actions des sociétés minières, qui peuvent profiter d'un levier opérationnel conséquent. Un autre élément qui nous conforte dans nos choix est la progression de l'activité de fusions et d’acquisitions au sein du secteur, ainsi que les nombreuses annonces d'augmentation du dividende. Nous pensons que les résultats trimestriels qui seront publiés dans les prochaines semaines seront très positifs en raison du levier opérationnel considérable de ces sociétés.

Les prix de l’or devraient rester stables, au-dessus de 1550 $ l'once, avec un véritable potentiel de hausse en cas de turbulences sur les marchés boursiers ou une escalade des infections liées au coronavirus chinois.

 


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