Investment Update Flash spécial

Mesures de soutien renforcées

L’étau se resserre : les pays occidentaux prennent des mesures de plus en plus strictes en vue de ralentir la pandémie de Covid-19. Les autorités publiques ont appelé au confinement dans plusieurs pays comme en France, en Espagne ou encore en Italie. L’ensemble des frontières qui dessinent l’entrée de l’Union européenne (UE) et de l’espace Schengen sont également en passe de fermer.

Cette pandémie frappe doublement l’économie mondiale. Dans un premier temps est survenu un choc d’offre négatif, une capacité de production réduite avec des entreprises à l’arrêt, qui, faute de visibilité, ont également été contraintes de repousser leurs investissements. Ensuite, il est clair que les mesures de confinement vont asséner un coup néfaste à la demande. La fermeture des lieux publics tels que les restaurants, les cinémas, les bars, etc. se reflètera dans des chiffres de consommation bien plus faibles, lesquels devraient être visibles dès le deuxième trimestre de l’année 2020.

Depuis plusieurs semaines, les autorités publiques, banques centrales comme gouvernements, prennent une succession de mesures drastiques afin d’atténuer les effets négatifs de la pandémie sur l’économie. La Réserve fédérale américaine (Fed) a sorti l’artillerie lourde en annonçant une vague d’actions extrêmement accommodantes.

En effet, la Fed a réduit ses taux d’intérêt directeurs à 0%, réalisé des opérations de repo jusqu’à 500 milliards de dollars américains, déclaré ouverte une nouvelle vague d’assouplissement quantitatif à hauteur de 700 milliards de dollars, déclaré des rachats d’actifs privés et établi des accords de « swaps » avec d’autres banques centrales de pays développés afin de répondre à la demande de dollars à l’étranger.

Toutes ces mesures ont pour objectif de fournir la liquidité nécessaire au système financier afin d’éviter une panique semblable à celle qui a pris place lors de la grande crise financière de 2008. Dès lors, dans le cas où elles prouvent leur efficacité et que les écarts de rendement repartent à la baisse, l’économie mondiale devrait se remettre sur pied une fois le pic de la pandémie derrière nous.

Par ailleurs, les gouvernements mobilisent des moyens colossaux pour contrer le ralentissement économique, notamment aux États-Unis. L’administration Trump a décrété une intervention budgétaire à hauteur de 1000 milliards de dollars, soit presque 5% du PIB américain. Le plus remarquable dans cette annonce est sans doute l’intention d’envoyer au moins un quart de cette somme sous forme de chèque de 1000 dollars aux citoyens américains, ce que les autorités pourraient même répéter à deux reprises.

En Europe aussi, des mesures moins sensationnelles, certes, mais tout de même très ambitieuses, ont été communiquées. Parmi ces politiques de relance, citons des garanties de crédit pour les entreprises, des allocations aux salariés touchés, des reports de paiements de taxe ou de cotisations sociales, etc. Pour ne citer que quelques exemples, l’Allemagne s’apprête à mettre 500 milliards d’euros à la disposition des entreprises via la KfW et la France se prépare à accorder une garantie des prêts bancaires aux entreprises à hauteur de 300 milliards d’euros.

Il faut l’admettre, cette pandémie a fort probablement poussé l’économie mondiale en récession. Toutefois, les politiques monétaires et budgétaires déjà concrètement mises en place sont très ambitieuses et nous redonnent du baume au cœur, surtout si le pic de l’épidémie est rapidement atteint.

Notre positionnement des actions

Ces derniers jours, les mouvements de marché ne cessent de refléter l’incertitude des investisseurs à l’égard du développement de la pandémie de Covid-19. Ces derniers semblent avoir du mal à se positionner, tiraillés entre l’attrait des valorisations que le marché offre aujourd’hui et la peur de l’impact que la pandémie aura demain sur l’économie et la santé financière des entreprises.

Une phase d’accalmie et de consolidation pourrait cependant se profiler alors que des mesures de relance budgétaire/fiscale fortes ont été annoncées par les principaux gouvernements européens et américains, et que les banques centrales relancent leurs programmes respectifs de Quantitative Easing et s’engagent à maintenir des niveaux de liquidités suffisants sur les marchés monétaires et interbancaires.

À titre d’exemple, la France a lancé un plan de soutien de 45 milliards d’euros à destination des entreprises et des salariés, notamment par l’intermédiaire du report de paiement de toutes les charges sociales et fiscales dues par les entreprises. Le déficit public devrait bondir à 3,9% du PIB. Au Royaume-Uni, Boris Johnson envisage de mettre en place un plan de relance de 330 milliards de livres sterling, soit 15% du PIB, sous la forme de prêts aux entreprises garantis par l’État à des conditions attractives. Finalement, les États-Unis ont voté le 18 mars, la mise en place d’un budget de relance à hauteur de 850 milliards de dollars américains.

Sur le marché actions, plus précisément, les cessions massives généralisées ont progressivement laissé place à des stratégies d’investissement plus lisibles. En effet, les entreprises aurifères se reprennent et le secteur des Services aux Collectivités renoue avec son caractère défensif. De même, les schémas précédemment observés quant à l’impact du Covid-19 sur les différents secteurs semblent désormais constituer des bases solides pour orienter les décisions d’investissements. Les centres commerciaux, les commerces non-essentiels et les acteurs du tourisme souffrent alors que les producteurs et distributeurs de denrées alimentaires de base et de produits d’entretien enregistrent une performance relativement bonne.

Mais attention : les rôles pourraient s’inverser au moment de la reprise, les secteurs actuellement mal en point rassemblant des entreprises de qualité. De la même manière, les entreprises peu endettées se montrent moins sensibles aux mauvaises nouvelles sanitaires et macroéconomiques.

Notre positionnement obligataire

La semaine dernière, les décisions de plusieurs banques centrales ont fortement touché les marchés obligataires.

En Europe, la BCE n’a pas su rassurer. En effet, l’institution a renforcé son programme d’achat d’actifs, qui augmente de 120 milliards d’euros sur l’année, et sa politique de TLTRO, mais les marchés en attendaient davantage. À cet égard, aucune baisse de taux n’a été annoncée et le discours de la Présidente de la BCE, Christine Lagarde, a dérouté les investisseurs. Dès lors, les taux souverains ont considérablement grimpé, l’Italie en tête, enregistrant des mouvements supérieurs à 60 points de base dans la seule journée de jeudi, entraînant d’ailleurs les primes de risque de la dette privée dans leur sillage.

Une semaine après ces annonces, l’institution se prononçait à nouveau, ce qui a calmé les marchés. La BCE s’engage à acheter 750 milliards d’euros supplémentaires sur l’année 2020 dans le cadre de son programme d’achats d’actifs. Cette nouvelle annonce a directement bénéficié aux taux italiens, et donc à notre positionnement. D’après nous, la dette italienne est intéressante aux niveaux actuels. Elle se place à des taux proches de ceux de mai 2019, alors que le pays était plongé dans une profonde instabilité politique et budgétaire. Aujourd’hui, la stabilité politique est meilleure que par le passé, le soutien de la BCE reste affirmé et la propagation galopante du coronavirus en Italie ne sera pas vectrice d’un défaut du pays.

De l’autre côté de l’Atlantique, la Fed demeure également très accommodante. Dimanche dernier, la Fed a abaissé ses taux pour la deuxième fois ce mois-ci, les plaçant dans la fourchette 0-0,25%. Parallèlement, l’institution annonçait l’achat d’au moins 500 milliards de dollars de bons du trésor américains et 200 milliards de dollars de Mortgage Backed Securities.

C’est lundi que les conséquences à ces annonces se sont faites sentir, lorsque le marché actions a fortement chuté et que les taux souverains américains ont plongé.

De plus, les banques centrales (Fed, BCE, BoE, BoJ, Banque de Canada et Banque Nationale Suisse) se sont mises au diapason pour améliorer les liquidités sur les marchés, notamment à travers des accords permanents de swap en dollars. La Fed a également communiqué l’achat de papiers de trésorerie de sociétés privées à hauteur d’environ 10 milliards de dollars.

Malgré l’ampleur de ces mesures, les primes de risque de la dette privée ont poursuivi la même trajectoire que la semaine précédente, à la hausse, alors que les taux souverains augmentaient en Europe et diminuaient en Amérique. Nous pensons que le crédit européen se situe désormais à un niveau intéressant pour les sociétés peu cycliques telles que celles que nous détenons déjà en portefeuille. Nous suivons de près son évolution, sans oublier celle des sociétés qui ne présenteraient pas un risque de crédit trop accru dans la situation actuelle. Aux États-Unis, la crise du coronavirus a fortement profité à notre positionnement sur la courbe. Aujourd’hui, nous conservons une vision positive des taux courts tout en étant alignés sur le reste de la courbe.

Bien qu’évidemment impactées par ces secousses, nos gestions résistent bien mieux que les indices de référence de par leur exposition sectorielle globalement résiliente et grâce aux récents ajustements opportuns comme la très forte réduction des obligations à haut rendement par exemple. Même s’il reste de nombreuses incertitudes notamment sur l’impact économique réel, nous notons qu’un grand nombre d’actifs ont été vendus à des prix sans lien avec leur valorisation réelle et encourageons à construire des positions dès que les marchés de capitaux afficheront des réactions plus mesurées.


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