Investment Update Flash spécial

Le Grand Confinement

Les semaines se suivent et se ressemblent : ces derniers jours, la situation économique a continué de se détériorer. D’ailleurs, les dernières données américaines pointent vers une récession : les ventes au détail s’inscrivent à la baisse, la production industrielle s’effondre et la confiance est au plus bas. Ces chiffres coïncident avec un chômage  qui a littéralement explosé outre Atlantique : en seulement trois semaines, plus de 16 millions de demandeurs d’allocations chômage supplémentaires sont venus grossir les rangs.

Par ailleurs, le Fonds monétaire international (FMI) a divulgué des prévisions qui ont bel et bien confirmé la profondeur de la crise. Ce rapport mentionne la présence d’un double choc négatif qui porte tant sur l’offre que sur la demande. Ainsi, la conclusion du FMI est sans appel : la croissance mondiale devrait s’afficher à -3% en 2020, la plus anémique depuis la Grande dépression des années 1930.

Les lecteurs du rapport du FMI l’auront remarqué : « incertitude » est le mot qui revient le plus souvent. La trajectoire de l’économie suscite son lot de doutes.

À titre comparatif, en 2009, la croissance mondiale avait plongé à -0,1%, après la Grande crise financière de 2008. Enfin, les lecteurs du rapport du FMI l’auront remarqué: « incertitude » est le mot qui revient le plus souvent. La trajectoire de l’économie suscite son lot de doutes. Si la courbe de propagation du virus redessine une pente ascendante qui forcerait au confinement prolongé, le rapport souligne que la reprise économique prévue pour 2021, estimée à 5,8% de croissance, pourrait être retardée.

Notre positionnement des actions

L’annonce de la prolongation du confinement dans de nombreux pays a relégué au second plan la solide performance des marchés actions. Le MSCI World, indice des marchés actions des pays développés, a grimpé de plus de 8% depuis le début du mois. Mentionnons également l’excellente performance des valeurs technologiques américaines, rassemblées au sein de l’indice Nasdaq, qui ont jeté aux oubliettes les pertes accumulées depuis le début d’année.

L’accord historique scellé entre les pays membres de l’OPEP et d’autres pays producteurs comme la Russie et les États-Unis a constitué un soutien non négligeable à ces performances. Cet accord prévoit une réduction de l’offre pétrolière de 10 millions de barils par jour, environ 10% de la production mondiale, afin de faire face à l’effondrement de la demande à l’échelle internationale. Ceci pourrait permettre au cours de l’or noir de se stabiliser en attentant que l’économie mondiale ne sorte progressivement du confinement. Par ailleurs, nombreux sont les gouvernements qui ont annoncé de nouvelles mesures de soutien aux entreprises.

Par exemple, le gouvernement français a décidé de doubler son plan d'urgence de 45 à 100 milliards d'euros afin de financer la trésorerie des entreprises en difficulté et le chômage partiel. Outre-Atlantique, la Fed a également frappé fort en annonçant un programme de prêts pouvant atteindre 2.300 milliards de dollars à destination des entreprises, des ménages et des municipalités.

À ces bonnes nouvelles s’ajoute le fait que le nombre de patients admis dans les établissements de santé semble se stabiliser. Si nous sommes incontestablement sur la bonne voie, nous demeurons prudents. Tout d’abord, il n’existe pour l’heure ni vaccin ni traitement qui puisse enrayer une deuxième vague de contamination une fois les mesures de confinement levées. De plus, il est particulièrement complexe, voire impossible, d’estimer l’impact du confinement sur l’économie. À cet égard, les données conjoncturelles reflètent que l’économie est lourdement frappée, en atteste l’explosion des demandes d’allocation  chômage. En l’espace de trois semaines, le nombre d’inscrits atteint presque 10% de la population active du pays.

Pour finir, les géants bancaires ont ouvert la saison de publication des résultats. Si leurs activités de capitaux (« trading ») sont bonnes grâce à l’importance des volumes échangés, leurs résultats consolidés dégringolent suite à la comptabilisation de provisions conséquentes liées à de potentiels et probables défauts au sein de leurs portefeuilles de crédits. Nous restons convaincus que notre allocation défensive, matérialisée sous la forme d’une exposition renforcée aux secteurs de la Santé, de l’Immobilier, et des Services de communications.

Notre positionnement obligataire

Sur la partie obligataire, l’appétit pour le risque a également fait son retour, et les investisseurs ont retrouvé un certain apaisement en raison des annonces de soutien qui n’ont pas manqué d’affluer.

Du côté des emprunts privés, les primes de risque se sont clairement resserrées tant en Europe qu’aux États-Unis, de l’ordre de 40 points de base et de 75 points de base respectivement. Les 500 milliards d’euros de soutien validés par les États membres de l’Union européenne et les 2.300 milliards de dollars d’aide de la Fed ont clairement fait les beaux jours de la dette privée. Cette évolution a suivi la trajectoire envisagée dans notre positionnement en matière de dette privée de qualité et de courte maturité.

Les taux souverains ont souffert des effets du regain d’appétit pour le risque, qui les a naturellement poussés à la hausse sur le Vieux Continent et Outre-Atlantique, avant d’opérer le mouvement inverse ces derniers jours. Les chiffres des ventes au détail publiés aux États-Unis, en recul de 8,7% en mars, ont envoyé au tapis l’optimisme qui bourgeonnait ces dernières semaines. D’un point de vue géographique, l’Italie demeure le pays le plus lourdement affecté par le Covid-19 et les taux italiens ont naturellement été ceux qui ont le plus pâti de la récente hausse des taux. Aussi, l’accord de l’Union européenne portant sur un soutien à l’activité, qui se chiffre à près de 500 milliards d’euros, a également pesé sur les taux européens. D’ailleurs, une nouvelle réunion clé  destinée à aborder les mesures de soutien aura lieu le 23 avril. Soulignons enfin que  nous ne marquons plus aucune préférence à l’égard de la partie courte de la courbe américaine car les taux se retrouvent désormais à des niveaux très bas.

Nos différents portefeuilles conseillés et gérés tiennent compte de ces évolutions permanentes des marchés de capitaux et des interventions très régulières des banques centrales. Les expositions ont évolué ces dernières semaines afin de limiter les expositions aux obligations à haut rendement ou rééquilibrer les expositions sectorielles par exemple. Ainsi, alors qu’à la date du 14 avril, la performance des deux grands indices européens que sont l’EuroStoxx 50 et le Stoxx 600 affichaient des performances respectives sur l’année de -22,1% et -19,7%, notre portefeuille modèle ActivMandate Equilibré avait une performance sur la même période de -6,3%.


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