Investment Update Flash spécial

Toute situation compliquée recèle des opportunités

Depuis fin février, les moyens mis en œuvre pour endiguer l’épidémie de Covid-19 se sont avérés relativement inefficaces et les autorités manquent de visibilité sur l’impact économique réel du virus, laissant les marchés financiers plongés dans l’incertitude. Aujourd’hui, l’attitude des marchés ne reflète aucun directionnel clair, et les politiques monétaires accommodantes mises en place – par la Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque centrale européenne (BCE) notamment – ne semblent plus suffire à rassurer les investisseurs.

Les politiques de relance budgétaire/fiscale esquissées seront-elles les prochains catalyseurs à la hausse, ou faudra-t-il attendre une amélioration sanitaire significative avant le rebond ? La question reste ouverte.

Depuis quelques semaines, un mouvement de « sell-off » généralisé s’opère sur les marchés actions et la volatilité explose. Le S&P 500 et le Stoxx Europe 600 ont essuyé des pertes de l’ordre de 12-13% entre le 20 et le 28 février alors que le VIX a dépassé les 40 points.

Lundi, la chute des marchés actions s’est accélérée après que la Russie a refusé d’obtempérer en rejetant le nouvel accord de l’OPEP sur la production pétrolière. En guise de représailles contre Moscou, l’Arabie Saoudite a affirmé son intention d’ouvrir les vannes et de se lancer dans une guerre des prix.

Cette augmentation massive et brutale de l’offre de brut sur le marché est d’autant plus déconcertante que la demande s’est vue fortement affectée par le ralentissement économique chinois (et mondial) depuis l’émergence de l’épidémie de Covid-19.

Dans ce contexte, les cours du WTI et du Brent ont donc plongé de près de 25% lundi, entraînant dans leur sillage les principales valeurs pétrolières, et notamment les majors et E&Ps américaines, beaucoup plus sensibles au cours du pétrole du fait de coûts d’extraction plus élevés pour le gaz de schiste. L’Énergie a propulsé le VIX à des niveaux record, et causé de nombreuses suspensions ponctuelles de trading sur les marchés US. La journée s’est soldée sur un repli de 7,5% aussi bien en Europe qu’aux États-Unis.

En ce qui concerne le détail de l’allocation sectorielle Equity, notons que notre récent repositionnement qui consiste à opter pour la neutralité en matière de Services aux Collectivités (Utilities) nous a été favorable, alors que les fournisseurs d’électricité et d’eau se sont montrés résilients dans la baisse. N’étant pas immunes au « sell-off » pour autant, la légère baisse des multiples nous offre de belles opportunités pour peaufiner la consolidation de nos positions dans ce secteur. Par ailleurs, les secteurs sur lesquels nous avons réitéré notre positionnement positif – Services de Communication, Immobilier et Santé – ont récemment suivi une belle trajectoire. Qui plus est, le retour en force de Biden contre Sanders dans la primaire Démocrate américaine a également encouragé les investisseurs à rester positifs sur le secteur de la Santé.

Contrairement à ce que l’on aurait pu penser, ce sell-off n’a pas non plus bénéficié aux actifs généralement considérés comme défensifs.

L’or, valeur refuge par excellence, a enregistré une baisse de cours fin février et n’a jamais dépassé les $1680 l’once. Le dollar, généralement plus stable, s’est déprécié de près de 4% par rapport à l’euro depuis le 20 février. Seules les obligations d’États, les Treasuries américaines en particulier, semblent réellement enregistrer des mouvements haussiers significatifs.

Notre positionnement obligataire

Sur les marchés obligataires européens, les rendements déjà très bas en fin d’année ne nous ont pas détournés des taux souverains. En effet, le soutien de la BCE, fort vecteur de demande, et l’inflation en deçà des attentes justifiaient ces niveaux. Dès lors, nous avons pu tirer profit de la chute des taux qui a suivi la propagation de l’épidémie de coronavirus.

En ce qui concerne le crédit, les primes de risque étaient très comprimées avant que l’épidémie ne se développe. Les rachats mensuels de la BCE justifient cet état de fait, d’autant plus que de nombreux investisseurs, à l’instar des assureurs, se sont dirigés vers la dette privée pour obtenir plus de rendement en raison de leurs contraintes de taux.

Notre vision mitigée de l’économie couplée à ces primes de risque très basses nous ont alors orienté vers de la dette privée d’entreprises défensives, donc peu cycliques, au bilan financier solide. Cela nous a permis de mitiger l’impact du rapide élargissement des primes de risque faisant suite à l’épidémie.

De plus, fin 2019 est apparue une décorrélation entre les primes de risque de la dette privée et les indicateurs économiques avancés. Cela nous a également orientés vers la dette éligible au rachat de la BCE. Le caractère « Buy & Hold » de celle-ci nous semble porteur d’une plus faible volatilité et d’un risque baissier moins élevé.

Sur les marchés américains, et plus particulièrement sur les taux souverains, nous nous sommes positionnés en faveur d’une diminution des taux courts. Nous avions prévu ce scénario l’été dernier en raison d’une inflation trop contenue, laissant apparaître des probabilités asymétriques sur l’évolution des taux américains. Grâce à cela, notre positionnement a fortement profité des anticipations, par la suite confirmées, d’une baisse des taux de la Réserve fédérale faisant face à l’impact économique du coronavirus.

Si le goût amer peine à se dissiper, n’oublions pas que toute situation compliquée recèle des opportunités. Dans ce contexte, nous envisageons d’utiliser des liquidités afin de tirer parti des opportunités offertes par cet environnement de marché, certaines valeurs se traitant à des valorisations potentiellement intéressantes pour des investisseurs de long-terme.

En conclusion, nos gestions affichent des performances globalement supérieures à leur indice de référence grâce à des positionnements défensifs mis en place il y a plusieurs mois déjà, mais également grâce à notre réactivité récente. Nous pensons que les valorisations actuelles offrent, sur les marchés actions notamment, une opportunité de construire les bases solides d'un investissement à moyen et long terme.


Les informations et opinions contenues dans le présent document se dégagent de sources d’informations fiables. La BCEE ne peut cependant pas garantir leur exactitude, exhaustivité ou pertinence.

Les informations et les opinions contenues dans le présent document sont fournies à titre purement informatif aux clients de la BCEE et ne constituent ni une offre d’achat ou de vente, ni des recommandations d’investissement, ni un conseil en investissement, voire un quelconque engagement de la BCEE.

Chaque client est tenu de se forger sa propre opinion sur les informations contenues dans le présent document et pour ce faire, il lui est loisible de contacter son conseiller habituel pour toute question en matière d’investissements.

Les informations et opinions ne sauraient en aucun cas servir à une évaluation des instruments financiers éventuellement mentionnés dans le présent document. Toute référence à des performances passées ne saurait constituer une indication quant aux performances à venir.

Le contenu du présent document reflète les opinions de la BCEE au jour de la publication dudit document. Toute information ou opinion contenues dans le présent document peut être supprimée ou modifiée à tout moment par une nouvelle publication.

La BCEE décline toute responsabilité au titre de ce document s’il a été altéré, déformé ou falsifié notamment par le biais de l’utilisation d’Internet. En outre, la BCEE ne pourra être tenue responsable des conséquences pouvant résulter de l’utilisation d’une quelconque opinion ou information contenue dans le présent document.

En tant qu’établissement de crédit de droit luxembourgeois, la BCEE est soumise au contrôle prudentiel de la Commission de Surveillance du Secteur Financier.

Le présent document a été élaboré par le Service Banque Privée et BCEE Asset Management. La rédaction de ce document a été clôturée le 13/03/2020 à 15 heures 00 minutes.

Le présent document ne peut être ni reproduit, ni communiqué à une tierce personne sans autorisation préalable écrite de la BCEE. Sauf indication contraire dans le présent document, il n’est pas prévu de le mettre à jour.