Investment Update Flash spécial

Le visage contrasté de la crise sanitaire

Alors que l’évolution de la pandémie continue de saturer l’actualité, il semble nécessaire de comprendre cette crise mondiale comme une crise à différentes vitesses. La situation sanitaire demeure contrastée, chaque zone géographique se retrouvant à une étape différente de l’endiguement de l’épidémie. 

Les États-Unis sont désormais le premier foyer mondial de l’épidémie, et plus de la moitié de la population est désormais confinée. Ainsi, en seulement deux semaines, le nombre de chômeurs a explosé. La semaine dernière, 3,3 millions de personnes s’étaient inscrites comme demandeurs d’emplois et cette semaine, ce chiffre a atteint 6,5 millions. Au total, cela fait 10 millions de chômeurs en deux semaines. Cela s’explique par une très forte flexibilité du marché du travail américain. Un tiers de la force de travail occupe un emploi dit précaire, à horaires flexibles, à durée déterminée et/ou payé à la tâche. De plus, les licenciements se font plus facilement qu’en Europe, par exemple. Dès lors, ce chiffre pourrait continuer de grimper si l’activité s’arrête sur une durée prolongée.

Face à la propagation de l’épidémie, les Etats-Unis ont d’ailleurs changé d’approche et même Donald Trump semble contraint à la prudence, en parlant désormais une distanciation sociale jusqu’à fin avril. Les estimations du nombre de décès communiquées par le président américain ont également inquiété les marchés. D’après lui, limiter le nombre de morts à 100.000 serait une « réussite » pour son administration.

En Europe, selon l’OMS, des signes de stabilisation de la propagation de l’épidémie commencent à poindre, en Italie notamment, où le nombre de nouveaux cas relevés quotidiennement s’inscrit à la baisse depuis quelques jours. Le premier pays européen touché par l’épidémie semble donc avoir dépassé le pic de l’épidémie, preuve s’il en faut de l’efficacité des mesures de confinement pour endiguer la propagation du Covid-19.

Pour appréhender l’impact des mesures de confinement, il est utile de constater l’ampleur de l’impact économique et du rebond conjoncturel en Chine qui en ce sens est, encore une fois, le laboratoire du monde.  

Apres avoir touché un point bas historique en janvier et en février, l’activité chinoise semble repartir de l’avant en mars. Ainsi, les indicateurs d’activités (PMI) du mois de mars semblent confirmer, aussi bien pour les services que pour l’industrie, que l’activité économique s’améliore sensiblement dès la fin de la période de confinement. Pour autant, le pays continue de souffrir du trou d’air économique lié notamment aux autres régions du monde, qui sont à un stade différent en termes de propagation et de gestion de l’épidémie. En mars, les carnets de commandes des entreprises chinoises restent donc en territoire de contraction.  

C’est sûrement en cela que réside la plus grande difficulté de cette crise : dans un monde économiquement intriqué, toutes les régions sont interdépendantes et le caractère asynchrone de la propagation du virus et des périodes de confinement risquent de faire durer cette situation. Reste donc à voir combien de temps tout ceci se prolongera et si les mesures de soutien budgétaires et monétaires à travers le monde suffiront à endiguer ce trou d’air économique.

Notre positionnement des actions

Après une période de volatilité extrême (le VIX a atteint 83% !) et une chute historique des marchés actions (le S&P 500 a corrigé de 34% en 33 jours et atteint un point bas à 2237 points), les plans de relance lancés à travers le monde ont rassuré les marchés. Cela étant, les baisses de taux n’ont pas suffi à apaiser et les banques centrales ont dû recourir à des plans massifs de rachats d’actifs: la Réserve fédérale américaine (Fed) a augmenté la taille de son bilan de 1.500 milliards de dollars américains à 5.860 milliards de dollars américains sur les trois dernières semaines et la Banque centrale européenne (BCE) s’est fixée un programme d’achats de 1.100 milliards EUR d’ici la fin de l’année, qui sera probablement revu à la hausse. Ce soutien des banques centrales permet des plans de relance budgétaires massifs de la part des Etats. Outre-Atlantique, Washington a finalisé son nouveau paquet budgétaire, désormais estimé à 2.200 milliards de dollars US et ici également certains abordent déjà le sujet d’un nouveau plan d’aide supplémentaire.

Pour appréhender l’impact des mesures de confinement, il est utile de constater l’ampleur de l’impact économique et du rebond conjoncturel en Chine qui en ce sens est, encore une fois, le laboratoire du monde.

Malgré ces mesures de soutien, nous estimons que la volatilité des marchés ne reviendra pas à des niveaux ordinaires tant qu’une sortie de crise ne sera pas à l’horizon (ralentissement de la propagation du virus, épilogue de la quarantaine, création d’un vaccin, accès aux médicaments…). D’ici là, les marchés continueront d’évoluer au gré de la progression de l’épidémie, des plans de relance des gouvernements ou des changements dans les périodes de quarantaine.

Dans ce contexte où prime l’incertitude, nous continuons de favoriser les secteurs de communication, de santé et de l’immobilier.

Des titres défensifs d’autres secteurs peuvent se révéler intéressants comme par exemple les minières d’or ou les biens de consommation essentiels. Comme évoqué lors du dernier point hebdomadaire, nous continuons également, à la marge et de manière opportune, de profiter de certaines valorisations intéressantes sur des entreprises de qualité pour construire des positions de long-terme.

Notre positionnement obligataire

La plupart des banques centrales démontrent actuellement l’étendue du soutien historique apporté en réponse aux impacts du coronavirus. Tandis que les banques centrales des pays émergents n’ont recours qu’à de simples baisses de taux, les grandes banques centrales des pays développés n’ont aucune limite quant aux moyens qu’ils utilisent pour apporter leur soutien monétaire.

La BCE a récemment abrogé toute limite en termes d’achats de dettes souveraines et d’entreprises, un signe que l’institution ne se limitera pas à ce qui a déjà été annoncé et achètera autant de dette que cela s’avère nécessaire pour financer les mesures des États européens.

Le programme additionnel de rachats d’actifs, lancé jeudi dernier, a d’ailleurs démarré très rapidement, preuve du soutien sans limite qu’apportera la banque centrale au financement des mesures des États européens. Cela maintiendra les taux souverains sous pression, et devrait limiter le risque d’un écartement trop grand des spreads entre les acteurs éligibles aux programmes de rachats de la BCE.

Cette même volonté de soutien inconditionnel s’applique également outre-Atlantique, où la Fed a annoncé acheter autant de bons du trésor que nécessaire pour financer les mesures de soutien et qu’elle intervient également sur les créances hypothécaires et les dettes privées des sociétés.

Dans ce contexte, les taux souverains européens périphériques nous semblent intéressants, ainsi que les dettes de sociétés Investment Grade. Néanmoins, nous demeurons  particulièrement vigilants à l’égard du risque de downgrade en catégorie High-Yield de certains émetteurs, et recommandons de rester très attentifs à la qualité de leur bilan.

Globalement, les portefeuilles que nous gérons montrent toujours une plus forte résilience à la baisse que celle des marchés. Celle-ci s’explique par une sélection de valeurs qui se base sur une approche fondamentale qui met l’accent sur un bilan sain et donc un endettement qui reste gérable au niveau de chaque entreprise. À l’heure actuelle nous privilégions un positionnement sur des actions à caractère défensif. De plus, nous essayons de profiter des opportunités qui se présentent actuellement pour renforcer certaines de nos positions en portefeuille en adoptant une stratégie par étapes.


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