15 mai 2020

L’immunité des dividendes face au Covid-19

Depuis la crise financière de 2008 et la mise en place des politiques monétaires non-conventionnelles à travers le monde, les rendements obligataires ont considérablement chuté. Ainsi, aux États-Unis, le rendement d’une obligation souveraine, dont l’échéance est dans 10 ans, est devenu inférieur au rendement de dividende de l’indice de référence actions S&P 500. En Europe, les rendements de nombreuses obligations souveraines sont même devenus négatifs.

Comparaison des rendements de dividendes et obligataires

Dans ce contexte, nombreux sont les investisseurs en quête de rendement qui se sont tournés vers les actions, plus précisément vers les stratégies d’actions à dividendes. En effet, les investisseurs institutionnels tels que les fonds de pension ou les assureurs ont besoin d’un certain niveau de rendement de façon à couvrir leurs engagements. Les investisseurs particuliers recherchent, quant à eux, un rendement qui est supérieur à l’inflation, leur premier but étant de préserver leur capital.

La distribution d'un dividende est équivalente au paiement d’un coupon par une obligation en donnant un caractère plus défensif et permet à l’investisseur de détenir une participation du capital risque d’une entreprise.

Les entreprises qui octroient des dividendes sont généralement plus stables, bien établies et avec un taux de croissance modéré. A l’opposé, celles qui se trouvent dans une phase de croissance rapide ont tendance à conserver tous les bénéfices et à les réinvestir pour générer une croissance dite organique.

Soulignons également que les sociétés qui versent des dividendes se montrent en principe plus efficaces dans leur utilisation du capital (les risques de gaspillage au titre d’opérations extraordinaires sont moindres). Par conséquent, elles sont moins enclines à falsifier leurs rapports comptables : dans un contexte qui les contraint à répondre aux exigences de paiement de dividendes, manipuler leur comptabilité financière devient beaucoup plus difficile. 

En outre, n’oublions pas que les dividendes sont taxés, ce qui amène certains investisseurs à considérer cela comme une mauvaise allocation du capital. Toutefois, la discipline financière nécessaire à assurer le paiement régulier d’un dividende fait plus que compenser ce rendement amoindri.

Pour les entreprises, les dividendes demeurent une façon de partager la richesse qu’elles créent. Les dividendes véhiculent un message clair et puissant quant aux perspectives et performances futures. Les dividendes sont des promesses publiques. Ainsi, une réduction peut être à la fois embarrassante pour la Direction et dommageable pour l’actionnaire d’une entreprise.

Depuis le début de cette année et la propagation du Covid-19 à travers le monde, bon nombre de sociétés ont été contraintes de réduire voire supprimer totalement leurs dividendes. En effet, l’arrêt de l’activité économique, le manque de visibilité, sans oublier la pression des gouvernements dans certains cas, forcent les entreprises à préserver des liquidités pour garantir une meilleure solidité de leur bilan.

Traditionnellement, les secteurs les plus généreux en termes de rendement de dividende sont les secteurs financier et de l’énergie. En cette période inédite, il s’avère qu’ils sont également parmi les plus fragiles. Parmi les sociétés dont les distributions de dividendes aux actionnaires ont été limitées depuis début 2020, nous retrouvons Royal Dutch Shell, Eni, Société Générale et Intesa San Paolo. Par ailleurs, le fléchissement des dividendes n’est pas un phénomène isolé aux secteurs cycliques. En effet, même au sein des secteurs traditionnellement considérés comme étant défensifs, à l’instar de la consommation de base, les sociétés réduisent la voilure en matière de distribution de dividendes. AB Inbev et Heineken, les deux géants de la production de bière, en sont des exemples parlants.

Cela dit, certaines sociétés demeurent capables de verser des dividendes copieux en dépit d’un environnement compliqué. Elles affichent une génération de flux de trésorerie intacte, et les plus privilégiées sont même capables de tirer profit de cette crise, et peuvent dès lors envisager de relever leurs dividendes.

 

Dans ce contexte, certains thèmes et secteurs tirent à merveille leur épingle du jeu: les soins de santé, le transport maritime, la consommation non-discrétionnaire.

Qui plus est, à l’avenir, les dividendes pourrait gagner davantage en attractivité, non seulement en raison des taux d’intérêts extrêmement bas mais aussi parce que les entreprises ont diminué leur plan d’achat d’actions (« buybacks »). Lors de la période allant de 2017 à 2019, ces derniers étaient la source numéro un d’assistance des marchés actions. Néanmoins, la plupart des sociétés ont été forcées de casser leurs tirelires à cause de la crise économique de ce début d’année 2020 : leur trésorerie réduite à la portion congrue a inexorablement entraîné une chute des rachats d’actions. Sans eux, la progression des marchés actions étant susceptible d’être moindre, la source de rendement des dividendes n’en serait alors que plus convoitée.

Dans cette optique, le fonds maison lux|equity High Dividend est le placement idéal pour les investisseurs en quête d’une stratégie actions à dividendes. Ce fonds orchestre une gestion active basée sur une approche économique fondamentale. Les prévisions économiques servent à localiser la situation du moment sur la courbe des affaires. Ainsi, le portefeuille est adapté en fonction de cette localisation et les modifications s’effectuent principalement sur le rapport entre les secteurs sensibles et peux sensibles au cycle économique.

 

Quant à la sélection des titres, essentiellement européens et nord-américains, elle se base sur l’approche S-GARP (Sustainable Growth At a Reasonable Price), combinant différentes pratiques de sélection d’actions telles que les styles croissance («Growth») et valeur («Value»). Cette méthode a été peaufinée afin de mettre l’accent sur le caractère fondamental et soutenable de la croissance des différentes sociétés. À ce stade, une attention particulière est d’ailleurs accordée à l’endettement et aux flux de trésorerie afin de s’assurer de la soutenabilité et de la croissance des dividendes des sociétés dont les titres composent le portefeuille et ceux qui sont susceptibles de l’intégrer.

Par la suite, le poids des différents titres est optimisé au moyen d’une stratégie quantitative dans le but d’obtenir un portefeuille dont le rendement de dividende est supérieur à celui des investissements traditionnels en actions. Par conséquent, le rendement de dividende du fonds  lux|equity High Dividend se situe actuellement à 3,7%, soit bien plus élevé que celui des indices de référence traditionnels qui se situe plutôt autour des 2% (voir Graphiques 1 & 2).

La volatilité qui secoue les marchés financiers au cours des derniers mois a également permis d’illustrer la nature défensive de la stratégie actions à dividendes. Ainsi, le fonds indiquait une volatilité de 18,72%, nettement inférieure à celle de l’indice actions MSCI World (27,2%).