Entretien sur les marchés financiers | Banque et Caisse d'Epargne de l'Etat, Luxembourg
25 octobre 2018

Entretien sur les marchés financiers pour le quatrième trimestre

Marc Fohr, Head of Investments auprès de BCEE Asset Management, aborde la situation actuelle des marchés financiers.

Comment les marchés financiers internationaux se portent-ils ?

Au troisième trimestre, les données économiques robustes des pays développés ont fait la part belle aux marchés financiers. Aux États-Unis, le PIB réel annualisé américain atteint 4,1 % et le niveau de confiance touche des sommets : les réductions d’impôts sont tangibles et la croissance de l’emploi s’accélère.

Dans la zone euro, l’économie reste impassible, en marge de l’agitation générée par la guerre commerciale, de la situation politique en Italie et des risques qu’elles engendrent : le chômage s’affiche à la baisse et la croissance du PIB se stabilise au-dessus du seuil des 2 %. De leur côté, les marchés émergents ont vécu un trimestre tourmenté : la Turquie est en pleine crise de la dette et de sa devise, et l’Argentine et le Brésil voient leur devise s’effondrer dans un contexte de crise financière et de corruption.

PIB réel du 2e trimestre aux États-Unis : 4,1% p.a.
PIB réel du 2e trimestre aux États-Unis : 4,1% p.a.
icône prévoyance
Economie impassible dans la zone euro
Trimestre tourmenté sur les marchés émergents
Trimestre tourmenté sur les marchés émergents

Comment définiriez-vous le contexte actuel ? Quels choix ce contexte vous a-t-il inspiré ?

Du point de vue des obligations, la situation politique en Italie nous a amenés à favoriser l’achat d’emprunts publics espagnols et portugais au détriment de la dette italienne, les intentions du gouvernement en matière de budget manquant de transparence.

Aux États-Unis, la courbe des taux s’est aplatie, phénomène révélateur du cycle avancé de l’économie américaine. Nous vivons au demeurant un contexte économique favorable.

Aussi, si le potentiel d’amélioration des indicateurs financiers apparaît contraint à atteindre ses limites, nous faisons preuve de souplesse d’adaptation et de prudence dans nos choix.

L’environnement actuel est particulier : les fondements économiques sont solides et les Banques centrales continuent à mettre doucement fin à leur programme d’assouplissement quantitatif.
Marc Fohr - Head of Investments, BCEE AM

Quelles sont les perspectives d’évolution pour le marché actions ? Que vous inspirent-elles ?

Sur le plan des actions, les marchés internationaux ont poursuivi leur trajectoire ascendante entamée il y a plusieurs années. Ils ont évolué dans un monde politique agité, sur fond de guerre commerciale provoquant des tensions dont le regain de volatilité est symptomatique, sans oublier les querelles géopolitiques qui pèsent sur le Moyen-Orient et le Brexit, pour lequel aucun accord n’a encore été trouvé.

Les indicateurs économiques et les publications des sociétés corroborent l’évolution positive actuelle, avec un bémol : l’environnement est plus hasardeux sur les marchés actions, et nous nous tenons prêts à faire face aux écueils potentiels que cela implique. Dès lors, notre recommandation est neutre pour l’ensemble des régions.

Panorama Financier 2018-04

Les prochains mois révèleront la capacité de résistance de l’économie mondiale et l’intérêt des leaders politiques à lui apporter leur contribution positive.
Marc Fohr - Head of Investments, BCEE AM

La Finance, l’Industrie et l’Énergie sont nos secteurs favoris, tandis que notre vision de la Consommation discrétionnaire est repassée à neutre. Aussi, nous avons rehaussé à neutre notre vision de la Consommation non-cyclique, les valorisations redevenues intéressantes s’étant substituées à la sous-performance de ces derniers trimestres.

Le cycle économique des marchés développés suit son cours : aux États-Unis, la croissance pousse la durée du cycle vers de nouveaux records et en Europe, la reprise cyclique a bien lieu.

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